Danielle Gac |
| J'y arriverai bien toute seule | |||||||||||||
| Quatrième de couverture | |||||||||||||
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"J'ai tondu la pelouse, nettoyé les parterres. Essayé une recette de gâteau aux fraises. Arpenté les sentiers côtiers. Je suis comme ca. Quand j'ai un problème à résoudre, il faut que je marche. En général, le nombre d'heures de marche est assez proportionnel à la profondeur du problème. Et la, au bout de quelques jours, alors que je venais tout juste de passer la pointe de Bec-Hir, j'ai trouvé la réponse : prendre des cours de couture." Entre récit et fiction, ce livre recèle un humour et un désespoir qu'on aimerait croire légers ou dérisoires. Ces textes courts confessent le tournant de l'âge, les non-dits familiaux, les désillusions, la solitude. Un fil rouge volontairement ténu, discret au sein d'une narration drôle et détachée. Sa brisure, en chute, touche chez le lecteur une vérité à la fois intime et universelle. |
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| Extraits | |||||||||||||
| Seule |
Pourquoi tous mes efforts de drague faisaient-ils de moi une nunuche avérée ? Pourquoi étais-je si nulle sur le plan de la séduction, alors que je savais plutôt bien mener le reste de ma vie ? Il m’a bien fallu reconnaître mes limites, sans pour autant m’avouer vaincue. Puisque mes idées personnelles semblaient définitivement minables, je me suis renseignée sur celles des autres. C’est ainsi que dans les maisons de la presse, sans oser sortir mes lunettes pour ne pas montrer que je lisais vraiment, j’ai tenu à bout de bras des tas de magazines féminins qui donnaient des idées sur où et comment rencontrer l’âme sœur. Pour compléter mes infos, quasi compulsivement, j’ai arraché les meilleures pages des revues défraîchies des salles d’attente. Forcément, j’ai dû adapter les conseils à mon cas personnel |
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| Vieillir |
Parce que, maintenant que je suis devenue un peu vieille, c’est comme si je n’existais pas. Dans la rue je suis transparente. Le regard des hommes ne se plante plus sur mon dos, autrefois droit comme un i. Je ne vois plus cette lumière souvent équivoque s’allumer dans leurs yeux qui sinuaient le long de mes rondeurs. |
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| Hortensias |
Au milieu de mes questions, maintenant que je n’ai plus peur de son autorité, maintenant que par sa mort je suis devenue adulte, je nous oblige à parler un peu. Je lui dis souvent que j’aurais aimé un peu plus de tendresse et un peu moins d’ordres. Elle me répond à chaque fois qu’elle ne voit pas bien ce que je veux dire. Que la tendresse, elle ne sait pas trop ce que c’est, elle n’en a jamais eu. Je lui dis je ne sais pas moi, un petit baiser dans le cou, quelquefois ta main sur mes cheveux. Elle me dit que pour ça, il faut avoir un peu de temps et qu’elle n’en a jamais eu. Je ne veux pas qu’on se fâche, surtout pas maintenant qu’elle est morte et que peut-être on ne pourrait pas se réconcilier, alors je me tais un moment. Et cette marcotte-là, tu crois qu’on pourrait la replanter près de la boite à lettres ? |
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| Couture |
J’ai eu du mal avec mes pièces taillées et retaillées. Les traces des coutures de la ceinture me perturbaient l’horizontale, le droit fil du devant n’était pas tout à fait celui du dos, je ne savais plus où était l’endroit et où était l’envers du tissu. J’ai donc décidé que sans doute il n’y avait ni envers ni endroit. C’est une décision qui m’a fait beaucoup de bien, sur le moment : du même coup, j’ai résolu le gros problème de comment ne pas couper deux jambes gauches, ou jambes droites. |
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