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Rencontre
En 2006, il y a eu Je vivrai
bien toute seule. Puis Partir ou la
dissolution des rêves. Deux livres sortis chez
Coop Breizh. Deux récits écrits sur « une base de vécu et un enrobage de
fiction » comme le résume Danielle Gac. Le troisième livre qui vient de sortir
et qu'elle publie a compte d'auteur s'appelle Derrière les rideaux jaunes. « II me tient plus à cœur. C'est
une base de vécu personnel et une grande dentelle de roman. »
L'idée qu'elle exprime dans ce troisième
ouvrage, « est que, quand
une personne qui meurt est incinérée et
que ses cendres sont dispersées en
mer, elle disparaît de façon totale et définitive de la terre. II ne reste plus aucune
trace de son existence. Ce livre est
pour moi une façon de laisser une
trace de la personne. »
Le Livre développe d'autres thèmes
comme les relations conflictuelles mère-fille, la disparition, le déracinement,
la responsabilité, les pertes de repères, le rythme de vie. « Comme beaucoup de personnes qui écrivent
pour oublier la réalité et s'en trouvent
apaisées, je m'efforce de penser que
ma fiction est devenue ma
réalité. »
Danielle
Gac, éprouve un vrai plaisir à écrire. Elle à découvert que l'écriture n’était pas un
domaine réservé à « ceux qui
peuvent le faire. » lors d’un séjour en Angleterre. Son hôtesse
lui a tendu un livre en disant : « je vous donne ma deuxième nouvelle
qui vient d’être publiée. Là, je me suis dit : si elle peut, moi
aussi ! ».
Beatrice GRIESINGER.
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La Helen Fielding
bretonne s'appelle Danielle Gac. Son héroïne a quelques heures de vol. Elie
s'occupe de ses enfants, fait « tourner la baraque ». Sauf qu'elle est seule et
rêve de se jeter dans les bras d'un génial conférencier ou d'un superbe maitre
nageur. Comment mettre en valeur ses rondeurs, ses longs cils recourbés ? Faire
celle qui s'y entend en bricolage, qui aime lire Auto-Moto, ou s'inscrire a des
cours de tango ? En attendant le prince charmant, elle doit bien s'occuper. Choisir
une nouvelle plante verte lui procure des frissons. Tailler ses hortensias lui
fait penser à sa mère. Pourquoi ne
pas se refugier dans la couture ? Sauf que la jolie jupe qui devait caresser
ses mollets à chaque pas de l’été se
montre vite « sous son vrai jour de sac à patates », qu'elle fait brûler le patron, réduit en charpie
tout le tissu ! Sans compter qu'après une visite chez le coiffeur,
un ami lui dit que son brushing ressemble à celui de Bill Clinton ! Danielle Gac ne manque ni d'humour ni de peps. Plus l'on chemine dans son premier livre et plus les tourments affleurent. A.F.
** par Danielle Gac, 118 p., Coop Breizh, 12 €
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C'est l'histoire
d'une femme plus assez jeune, un peu trop seule, transparente comme on le devient
souvent au tournant de la cinquantaine. « Voila que je suis devenue un peu
vieille. Un peu dans mon corps, c'est sur, pas trop dans ma tête », écrit Danielle Gac, dans ces courts récits
qui finissent par constituer un vrai roman. En traitant les fêlures de son
personnage avec un humour acide et un apparent détachement, la romancière, dont
c'est le premier livre, raconte une vie ni franchement sinistre, ni vraiment
heureuse : taille des hortensias, coiffure ratée, souvenirs d'enfance, petits
bonheurs, grands chagrins... II y a de la pudeur dans ce style à la simplicité travaillée
jusqu'à l'épure, dans cette plongée en intime qui trouve la juste mesure entre
aveux et partage. Josiane Gueguen.
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Vous participez depuis quatre ans à l'atelier d'écriture de la bibliothèque de Concarneau. Cela vous a aide à vous lancer dans l'écriture?
II y a encore dix ans, un écrivain était pour moi un titre a part, qui devait avoir un don. Et puis, chez des amis, j'ai rencontré une femme qui venait de publier une nouvelle dans une revue. Je travaillais à l'époque, et je n'avais pas le temps d'écrire, mais l'idée a fait son chemin. A l'occasion d'un voyage à Montréal, j'ai participe pour la première fois à un atelier d'écriture de deux jours. En rentrant, j'ai cherché des ateliers dans la région, j'en ai essaye quelques-uns, et celui de Concarneau m'a bien plu. J'y suis restée.
Concrètement, comment se déroule un exercice d'écriture?
Je peux donner en exemple ce que nous avons fait cette semaine. On a pris pour thème les fées. Chacun a rédigé un petit texte avec un maximum de mots en «f ». Ensuite, on à fixé de nouvelles contraintes, chaque fée devait avoir un don précis, qui était choisi au hasard, et un lieu ou elle demeurait. A partir de ces contraintes, il a fallu écrire un bout d'histoire. Ces exercices permettent de gagner de la confiance en soi. On regarde ce que font les autres, on compare, on s'échange des tuyaux, et cela permet de progresser. C'est à l'atelier que j'ai compris que j'avais tendance à me refugier dans I’ ironie, que j'essayais toujours de dire des choses profondes, mais avec légèreté, en maintenant une distance
Votre livre est une suite de courts récits, tirés de votre propre vie. Par quel bout avez vous commence?
Par mon échec total a réalisé moi-même une robe de soie rouge. Devant le désastre de ma couture, je me suis mis au PC et j'ai commence à raconter ce qui venait de se produire. Le texte m'a paru drôle, je I’ ai montré a des copines qui ont bien rigolé. J'ai mis ce texte de coté. Et puis est survenue la mort de mon frère. J'ai recommence à écrire alors, parce que ça me faisait du bien. Les mots m'ont permis de surmonter sa mort. J'ai continué. J'ai raconté comment ma mère taillait les hortensias, les pot-au-feu de mon père, les grands repas familiaux, tout s'est enchainé naturellement.
C'est un livre ou vous vous dévoilez beaucoup, même si l'humour met les choses à distance. Cela ne doit pas être évident de se livrer ainsi aux lecteurs?
C'est vrai. Au début, quand I’ éditeur m'a annoncé que le livre allait paraitre, j'ai crié : super ! Et tout de suite après, j'ai été prise d'angoisse. Je me suis dit, comment je vais pouvoir aller en ville, entrer à la boulangerie. J'ai toujours vécu à Quimperlé, je connais beaucoup de monde. Et puis je me suis dit: tant pis, il faut y aller. On a fait une petite fête pour le lancement du livre, et cela s'est très bien passé. Beaucoup de gens sont venus, tous avaient le sourire, plusieurs femmes m'ont dit qu'elles se retrouvaient dans mon livre, qu'elles avaient eu les mêmes problèmes avec leur mère. C'était très sympa, et j'ai été rassurée.
Apres ce premier livre, très réussi, vous n'allez sans doute pas en rester la?
Je prépare un second livre sur mes voyages, ou je raconterai, de façon humoristique, le décalage entre les voyages tels que je les rêvais, et ce qui s'est vraiment passe.
Recueilli par Jean-Luc COCHENNEC.
Pratique. J'y arriverai bien toute seule, de Danielle Gac, édition Coop Breizh, 117 pages, 12E. L'auteur dialoguera avec le public mardi 23 mai, a 18 h, à la bibliothèque de Concarneau.
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